Gomitolo signifie littéralement "pelote" (de fil). C'est un mot inattendu et visuellement fort dans le contexte d'une chanson d'amour.
Dans "Strani Amori", Laura Pausini l'utilise pour décrire une sensation physique d'anxiété ou de boule au ventre : "Con il cuore nello stomaco, un gomitolo nell'angolo". Cela évoque l'idée d'être recroquevillée sur soi-même, comme une pelote, pleine d'incertitude et d'attente.
On a tous déjà vécu ce genre d'histoire un peu bancale, et Laura Pausini met le doigt pile là où ça fait mal avec Strani Amori. Elle nous parle de ces relations compliquées où l'autre « promette e poi non cambia mai » (promet et ne change jamais). Le décor est ultra concret : attendre près du téléphone, l'estomac noué, en boule dans un coin (« Un gomitolo nell'angolo ») en espérant que la ligne se libère enfin. C'est l'archétype des amours de jeunesse où l'on passe des nuits à relire de vieilles lettres impossibles à jeter, coincé dans un vrai « labirinto della nostalgia » (labyrinthe de la nostalgie).
Ce que j'aime ici, c'est la franchise du texte. Elle ne se contente pas de pleurer : elle balance que ces histoires apportent autant de « sogni e lividi » (de rêves et de bleus) à partager. L'expression italienne « mettono nei guai » signifie littéralement qu'elles attirent des ennuis, mais la chanteuse admet tout de suite la vérité : au fond, les coupables, « siamo noi » (c'est nous). C'est fragile, parfois ridicule, mais le morceau s'achève sur une décision nette et salutaire : « Mi dispiace devo andare via » (Désolée, je dois partir). Elle choisit enfin de chercher un amour sincère, toute seule, sans lui.