Fagulhando vient du verbe fagulhar, qui signifie "étinceler" ou "scintiller". C'est un mot visuel et poétique qui n'est pas couramment utilisé dans le langage quotidien, ce qui le rend mémorable.
Dans la chanson, il est utilisé pour décrire le tableau "Le Baiser" de Klimt, "fagulhando em cores" (étincelant de couleurs), évoquant une image vive et passionnée de l'amour qui résiste au temps.
Avec "Te Amo", l'artiste brésilienne Vanessa da Mata balance un grand coup de pied dans le cynisme ambiant. Elle raconte avoir grandi au milieu des blagues amères et des mises en garde sur la vie à deux : « Eu cresci ouvindo anedotas, clichês e chacotas » (« J'ai grandi en entendant des anecdotes, des clichés et des moqueries »). Elle cite même le verbe familier amasiar dans la phrase « Sobre amasiar, se casar » (« Sur le fait de vivre en concubinage, de se marier »), un terme très populaire au Brésil pour parler de s'installer ensemble sans passer devant le maire. Bref, tout le monde lui répétait que s'abandonner à quelqu'un était une faiblesse (« Se entregar seria fraquejar »). Sa réponse ? Elle refuse d'avoir peur d'aimer et martèle son refrain direct, sans détour : « Te amo » répété six fois d'affilée.
Elle n'ignore pourtant pas les angoisses du quotidien. Elle se demande franchement ce qui arrivera si la flamme s'éteint ou si elle ne reconnaît plus son partenaire avec l'âge (« E se o tempo levar você / E um dia eu te olhar e não te reconhecer »). Mais au lieu de fuir, elle convoque l'art pour se rassurer : elle compare son couple au chef-d'œuvre doré du peintre autrichien Gustav Klimt avec la ligne « Mas nós somos um quadro de Klimt / 'O Beijo' para sempre fagulhando em cores » (« Mais nous sommes un tableau de Klimt, 'Le Baiser', étincelant pour toujours de mille couleurs »). L'objectif final est tout simple et presque désuet : finir sous la forme de « dois velhos felizes de mãos dadas numa tarde de sol » (« deux vieux heureux se tenant la main lors d'une après-midi ensoleillée »).