Glet désigne littéralement un enduit utilisé pour lisser les murs. Dans la chanson, l’expression « să nu fie păcălit de glet » est une image familière et sarcastique : l’homme a peur d’être trompé par une apparence fortement maquillée, comme si le visage avait été « lissé » avec de l’enduit. C’est un mot concret, surprenant et très mémorable dans ce contexte.
Dans « Macarena », Erika Isac reprend le refrain espagnol « Dale a tu cuerpo alegría, Macarena » [Mets de la joie dans ton corps, Macarena] et le confronte à des remarques sexistes en roumain. « Dansează fetele, nu-nțeleg care-i problema » signifie « Les filles dansent, je ne comprends pas quel est le problème ». La chanson se moque alors d’un homme appelé Mirel, originaire de Turnu Măgurele, qui veut faire la morale aux femmes. Il critique leur apparence, leurs seins, leurs fesses et même leur manière de parler. La réponse d’Erika est volontairement très directe : une femme n’a pas à être silencieuse, douce, disponible pour les tâches ménagères ou chargée d’éduquer son compagnon comme un enfant.
Le deuxième passage change de ton et décrit la peur qui accompagne un premier rendez-vous. L’homme craint que la femme ne ressemble pas à ses photos, tandis qu’elle pense à des dangers bien plus graves : être frappée, violée, droguée ou kidnappée. Le partage de sa localisation en direct devient alors une précaution de sécurité, pas un détail romantique. Avec « Nu-i normal » [Ce n’est pas normal], la chanteuse rejette le fait de rendre les victimes responsables. Le refrain revient comme une provocation amusée : danser n’est pas un problème, le problème est ce regard qui veut contrôler les femmes. La chanson est vulgaire par endroits, et c’est précisément son choix : Erika utilise les insultes et l’ironie pour répondre à ceux qui exigent des femmes qu’elles soient toujours « des dames ».