Presumirla vient du verbe presumir et signifie ici « la présenter fièrement » à ses amis, avec une nuance de fierté amoureuse. Le pronom la renvoie à la femme qu’il admire.
Ce mot est intéressant car il exprime une joie très visible et un désir de montrer cette personne spéciale au monde, bien au-delà d’un simple « l’aimer ».
Dans « La Mujer Perfecta » (« La femme parfaite »), Kurt imagine une femme qui lui plaît précisément parce qu’elle ne cherche pas à correspondre aux attentes des autres. Elle est si belle qu’elle « le da celos al cielo » [elle rend le ciel jaloux], porte bien tout ce qu’elle met et ne prend même pas le temps d’arranger ses cheveux. Certains la critiquent parce qu’elle déteste les talons et préfère lire des livres plutôt que d’aller à des fêtes. J’aime beaucoup cette description : sa perfection, pour lui, vient de ses goûts personnels et de son naturel, pas d’une apparence fabriquée.
Le détail le plus touchant est aussi le plus direct : « no te conozco, no te tengo » [je ne te connais pas, je ne t’ai pas]. Cette femme n’est pas encore dans sa vie. Il rêve d’elle, imagine qu’elle lui offrira des disques et des sourires, qu’elle ne le fera pas attendre et qu’elle ne choisira pas ses chemises à sa place. Il veut ensuite la présenter à ses amis comme la première personne à lui avoir volé le cœur. La chanson ressemble donc à une déclaration adressée à un amour encore imaginaire, avec une pointe d’humour dans cette liste très précise de qualités : pour Kurt, la femme parfaite aime les livres, les disques et les sourires, et laisse les talons ainsi que les chemises tranquilles.