« Llórame un río » signifie littéralement « pleure-moi une rivière », une image poétique qui évoque des larmes abondantes. Dans la chanson, Enrique Iglesias l’emploie comme une formule dramatique, proche de « pleure toutes les larmes de ton corps », pour demander à l’autre de pleurer afin de soulager son cœur.
Dans « Llórame Un Río », Enrique Iglesias, artiste espagnol, et Belinda racontent une rupture qui arrive presque sans prévenir : « No sé lo que nos pasó » [Je ne sais pas ce qui nous est arrivé]. L’amour disparaît en un instant et le froid prend sa place. Le narrateur compare ensuite le ciel à du verre : « Como era de cristal el cielo, se me rompió » [Comme le ciel était en cristal, il s’est brisé]. L’image est jolie, mais la suite l’est beaucoup moins : il reste des morceaux coupants sur le sol, comme les blessures laissées par la séparation.
Le refrain est une demande très directe, presque théâtrale : « Llórame un río » [Pleure-moi une rivière]. En espagnol, cette formule signifie pleurer énormément, comme si l’autre devait verser assez de larmes pour réparer le cœur blessé. Le narrateur affirme avoir raison et invite même son ancien amour à revenir au lit, à condition de pleurer d’abord cette rivière. Il évoque aussi une rose rouge, avec sa fleur et son épine, pour parler de ce qui a été tendre mais qui a fini par faire mal. Et la dernière idée est délicieusement moqueuse : « En vez de llorar, me río » [Au lieu de pleurer, je ris]. Après les reproches et les grandes images, il refuse de donner à l’autre le dernier mot.