Supérame vient du verbe superar (« surmonter », « dépasser ») avec le pronom me (« moi »). Dans la phrase « ¡Ya, supérame! », l’expression ne signifie pas littéralement « dépasse-moi », mais plutôt « oublie-moi enfin » ou « passe à autre chose ».
C’est un mot marquant, car il résume tout le ton direct et assuré de la chanson : la personne est déjà passée à autre chose et demande à son ex de faire de même.
Dans « Ya Supérame », Grupo Firme transforme une rupture en message impossible à mal comprendre. « ¿Qué parte no entiendes cuando te digo que no? ¿La N o la O? » [Quelle partie tu ne comprends pas quand je te dis non ? Le N ou le O ?] : ce jeu sur les lettres rend le refus presque comique, mais surtout très ferme. La personne qui chante a déjà bloqué son ex « de todos lados » [partout] et ne comprend pas comment l’autre peut encore croire qu’il ou elle l’a « a tus pies » [à ses pieds, donc entièrement sous son charme].
Le refrain répète « ¡Ya, supérame! » [Allez, tourne la page et passe à autre chose !]. Ici, superar a alguien ne veut pas dire le dépasser dans une compétition : cela signifie réussir à se remettre d’une rupture et cesser de penser à cette personne. Le narrateur affirme être heureux sans son ex, avoir effacé l’histoire et ne pas vouloir la réécrire. Il lui demande aussi d’arrêter de parler mal de lui ou d’elle, de « saber perder » [savoir perdre], puis lance une dernière pique : « Ya cambié de corazón » [J’ai déjà changé de cœur], ce qui signifie qu’il n’y a plus de place pour cette relation. « Que no te arda estar sin mí » [Que mon absence ne te brûle pas] utilise arder au sens figuré : souffrir, être vexé ou ne pas supporter de voir l’autre avancer.