Нахлинула [nakhlynula] signifie « a déferlé » ou « a submergé », comme une vague d’émotion qui arrive soudainement et avec force. Dans la phrase « Впала, нахлинула » [Vpala, nakhlynula], la chanteuse décrit un sentiment si puissant qu’il la fait brûler de passion, ce qui donne à ce verbe une image très poétique et mémorable.
Dans « КЛИЧУ (KLYChU) », Jamala et MONATIK chantent l’absence comme une attente qui s’étire sans fin. Deux jours sans l’autre semblent durer « наче вічність » [comme une éternité], et même la nuit, autrefois appréciée, devient trop longue. La personne qui chante essaie de rejoindre l’autre par la pensée, mais reconnaît qu’elle n’arrive pas à s’habituer à cette solitude : « Чуєш, я кличу тебе » [Tu entends, je t’appelle]. Le mot кличу signifie « j’appelle » ou « je te demande de venir », et il revient comme une vraie supplique : « Ти прийди » [Viens, toi].
Les images sont simples et très physiques : une ombre qui pèse, les jours et les nuits qui se répètent, des chansons qui deviennent plus difficiles à écouter seul. Puis la présence de l’autre change tout : ses lèvres sont décrites comme plus chaudes que le soleil, et la phrase « Що ти є у мене » [Que tu es là, avec moi] apporte enfin un peu de lumière. La chanson avance donc entre le manque et le désir de retrouver cette personne, avec un refrain volontairement insistant. À force d’entendre « Я кличу » [J’appelle], on a presque l’impression que la voix essaie de faire venir l’autre pour de vrai.