Chinchín est une expression familière, surtout utilisée dans les Caraïbes, qui signifie « un tout petit peu » ou « juste une petite quantité ». Dans la chanson, Romeo Santos supplie son amante de lui donner « nada más un chinchín », c’est-à-dire seulement un peu d’affection, ce qui rend le mot à la fois original et touchant.
Dans « Dardos », Romeo Santos et Prince Royce transforment une relation irrésistible en partie de fléchettes. Le narrateur pensait presque avoir oublié cette personne et avoir laissé l’alcool derrière lui, mais ses appels manqués le ramènent à sa « mauvaise série ». Il compare sa dignité à « un tablero en la pared, donde tú tiras dardos » [un tableau au mur où tu lances des fléchettes] : chaque geste cruel atteint encore une fois son amour-propre. L’image est simple, drôle au départ, puis de plus en plus dangereuse.
Le narrateur se décrit comme un Cancer vulnérable face à un Lion, et accuse même Vénus de l’empêcher d’éteindre les flammes. Il supplie ensuite pour « un CC » [un petit signe d’affection, comme une copie d’un message] et « un chinchín » [un tout petit peu, juste une miette d’amour]. Mais il sait que cette personne est « un caramelo envenenado » [un bonbon empoisonné] : douce, attirante, et mauvaise pour lui. À la fin, les fléchettes deviennent des coups véritables : « Si tiras un dardo más, me vas a matar » [si tu lances encore une fléchette, tu vas me tuer]. Entre les cris de secours, les larmes et les accusations d’être « embriagado » [saoul] ou « idiotizado » [complètement sous influence], la bachata joue avec une idée très claire : il sait qu’il souffre, mais il demande encore à être aimé.