« Se me fue » signifie littéralement « elle est partie de moi », mais cette tournure idiomatique exprime surtout la perte soudaine ou le fait de ne pas avoir pu retenir quelqu’un. Dans la chanson, Becky G l’emploie avec tristesse pour dire que cette personne est partie et ne reviendra jamais, ce qui donne à l’expression une forte charge émotionnelle.
Dans « Chanel », Becky G et Peso Pluma chantent une rupture inévitable où les cadeaux de luxe n'ont servi à rien. Dès le début, le désir est là avec l'envie de revoir l'autre, mais le couperet tombe vite : « No se va a poder » (« Ça ne va pas pouvoir se faire »). L'histoire est coincée dans une boucle toxique, un « cuento de nunca ya acabar » (une histoire sans fin). Les deux voix finissent par trancher sans détour : « Tú por aquí, yo por allá » (« Toi par ici, moi par là-bas »). C'est direct, presque sec, mais lucide.
Le morceau prend un tournant piquant quand Peso Pluma sort la carte matérielle pour mesurer la déception : « Te llevé a Chanel / También escogió de Cartier » (« Je t'ai emmenée chez Chanel / Elle a aussi choisi chez Cartier »). Mentionner ces maisons de haute couture et de joaillerie montre le contraste entre les dépenses engagées et la fuite soudaine de la personne aimée (« Y un día se me fue » / « Et un jour elle est partie »). Entre aveux d'amour inutiles (« ¿Y eso qué? Pues te amo, bebé » / « Et alors ? Eh bien je t'aime, bébé ») et erreurs irréparables, les deux artistes signent un dialogue franc sur l'impossibilité de recoller les morceaux.