Targnąłem się est une expression polonaise rare et très forte, qui signifie littéralement « je me suis porté atteinte » ou, dans ce contexte, « j’ai tenté de me suicider en me jetant du pont ». Elle ajoute une dimension dramatique et idiomatique au récit, bien plus expressive qu’un simple verbe comme « sauter ».
Dans cette chanson, le narrateur revient sans cesse sur une décision qu’il ne comprend peut-être même plus lui-même. Il demande pourquoi il est revenu, pourquoi il a fait « parę głupstw » [quelques bêtises], comme s’il espérait que ses erreurs puissent être pardonnées. Au petit matin, une voix lui dit : « Nie jesteś tym który powinien tu być » [Tu n’es pas celui qui devrait être ici]. Le mot « Woodstock ! » revient comme un cri, presque une adresse ou un souvenir qui le ramène brusquement au récit.
Puis la chanson devient de plus en plus sombre : il saute dans une « zimna, czarna rzeka » [rivière froide et noire], après avoir entendu qu’il n’est pas celui qui devrait être avec elle. Il se retrouve ensuite devant saint Pierre et doit expliquer pourquoi il s’est jeté du « mostu na Krzywej » [pont de Krzywa, ou pont situé sur la rue Krzywa]. Même après la mort, le silence lui est insupportable : « Ta cisza to za dużo dla mego serca » [Ce silence est trop lourd pour mon cœur]. La scène prend une tournure presque absurde quand saint Pierre se réveille et répète que lui non plus n’est pas à sa place. Alors, il revient. Le refrain transforme cette histoire de noyade, de rejet et de passage aux portes du ciel en une boucle étrange, à la fois désespérée et presque ironique.